Un MBA, pourquoi pas ?

Ayant récemment terminé une maîtrise en administration des affaires (MBA[1]) pour cadre en exercice, j’ai décidé de faire le bilan de deux années intenses. Cela m’a amené à me poser les questions suivantes : suis-je satisfait de ma décision ? Et suis-je aussi satisfait de mon expérience ? Faire une formation à temps plein pendant deux ans tout en conciliant travail et vie personnelle est toute une expérience de vie. Dans un prochain article, je raconterai mon expérience, de la première journée en classe, jusqu’au dépôt du rapport final du projet intégrateur. Aujourd’hui, je me suis attardé à relater le cheminement qui m’a amené à choisir une formation EMBA (Executive MBA), parmi toutes celles proposées par les universités québécoises.

Pourquoi faire un MBA pour cadre à 40 ans ?

Comment suis-je arrivé aux EMBA ?

Biologiste de formation, j’ai complété un doctorat en océanographie en 2007. Par la suite, j’ai entamé un postdoctorat, pensant faire carrière en tant que chercheur. Je me suis alors vite rendu compte de l’inadéquation entre ma formation universitaire et le monde du travail. Les tâches principales d’un chercheur sont la recherche continue de financement et la direction d’équipes de recherches et d’étudiants. Pourtant, lors de mes longues années de formation, je n’ai jamais eu de cours en lien aux responsabilités réelles qui m’attendaient, en termes de suivis budgétaires et de la gestion des ressources humaines. Petite anecdote qui démontre l’inadéquation entre la formation et le travail réalisé, durant mon doctorat : j’ai vu un professeur faire pleurer un de ses étudiants de maîtrise et il ne s’est jamais excusé. Pour favoriser un environnement de travail et d’étude sain, il est maintenant reconnu qu’un superviseur doit fondamentalement être considéré comme une personne digne de confiance et respectueuse. Cette inadéquation réelle entre formation et marché du travail est décriée par plusieurs, et pourtant le milieu universitaire ne semble pas vouloir changer ses pratiques désuètes.

Comprenant assez vite mes lacunes en tant que gestionnaire, et voulant réorienter ma carrière vers l’entreprise privée, j’ai pris la décision de me former dans le domaine en commençant un baccalauréat en administration. Les cours que j’ai suivi mon permis de réaliser que les années d’études universitaires qui m’ont menées jusqu’au doctorat m’avaient permis d’acquérir des méthodes de travail très efficaces, me permettant, sans trop de difficultés, d’obtenir d’assez bonnes notes. Je me suis aussi rendu vite compte que je faisais partie des étudiants ayant le plus d’expérience. Dans les cours de gestion des ressources humaines, j’ai eu la chance d’avoir comme professeur — non pas un universitaire sans réelles expériences avec le monde du travail qui enseigne ce qu’il a simplement lu dans les livres — mais un consultant avec une grande expérience. Celui-ci, tout au long du cours, bonifiait ses contenus avec des exemples concrets et des exercices pratiques. Les interventions des autres étudiants sans expériences de travail m’ont fait comprendre que j’étais rendu ailleurs, et qu’il me fallait plus. Mes cours de marketing me l’on confirmé. Le professeur de l’époque n’abordait nullement tout le côté numérique du domaine, à l’époque en pleine effervescence. J’ai donc pris la décision, à la moitié de mon baccalauréat, d’arrêter cette formation et de transformer les cours crédités en certificat.

Deux professeurs m’ayant donné des cours au baccalauréat m’ont conseillé de faire un MBA pour cadres en exercice. L’UQAR venait de créer un tel programme. J’ai donc aussi pris le temps de consulter plusieurs personnes de mon entourage afin d’avoir des conseils et de faire des recherches sur les EMBA disponibles au Québec.

Voici quelques questions auxquelles j’ai pu répondre avant de répondre ma décision :

1. Pourquoi choisir une maîtrise en administration des affaires pour cadre en exercice (Executive MBA ou EMBA) plutôt qu’une formation de MBA classique ?

Premièrement, j’ai étudié les principales différences entre un programme de MBA et EMBA est les participants. Dans le premier, les cohortes sont principalement composées d’étudiants venant de finir leur baccalauréat, donc sans expériences de travail valables.  Dans le second, les participants ont généralement plus d’expériences de vie et de travail ainsi qu’une expérience pertinente en gestion. C’est un élément important, car le partage d’expérience permet d’aller plus loin au plan des apprentissages. J’ai donc rapidement écarté le MBA pour choisir le EMBA.

2. Le prix d’un EMBA est-il directement proportionnel à la qualité de la formation ?

Deuxièmement, j’ai regardé les frais de scolarité de telles formations. Ils varient énormément d’une à l’autre, commençant à 7 000$ pour finir à près de 90 000$. Les deux premières questions que je me suis posées en voyant cela, sont : (1) qu’est-ce qui est inclus dans les frais de scolarité des différents programmes et (2) le rapport qualité-prix des formations proposées au Québec justifie-t-il cet écart. Afin de répondre à mes interrogations, j’ai me suis fié à plusieurs paramètres pour me faire une idée plus précise :

  • la taille et la réputation de l’université et de son département d’administration qui me garantissaient un bassin d’enseignants de qualité ;

  • l’âge du programme, car un programme trop jeune est souvent en rodage et de moindre qualité ;

  • la réputation du EMBA ;

  • les coûts inclus dans les frais de scolarité. Certains programmes incluent dans leurs frais de scolarité, les livres, les repas et même une formation de groupe dans un autre pays.

Ces réponses m’ont permis d’éliminer certaines formations (voir tableau ci-dessous). Des formations qui restaient et qui avaient un rapport qualité-prix intéressant, j’ai rajouté le coût de mes déplacements et d’hébergement, car je vivais à ce moment là dans une région éloignée.

3. Deux autres facteurs à considérer : la formule des cours et la durée de la formation !

Faire un EMBA, c’est un investissement monétaire et de temps. Ce sont des études à temps plein, en même temps qu’un travail à temps plein lui aussi. La structure de la formation est donc importante, car elle doit être adapté aux besoins de l’étudiant(e). Dans mon cas, je cherchais une formation de maximum de 2 ans.

Les différents EMBA proposent des formules d’enseignement très différentes. Dans certains cas, les cours se donnent une fin de semaine par mois, dans d’autres un samedi sur deux, etc. Dans mon cas, j’ai opté pour une formation qui offrait un équilibre entre la régularité des cours et le nombre de déplacements par mois que je devrais effectuer.

Université Frais de scolarité totaux Durée du programme à temps plein Aménagement des horaires
U. MC-Gill / HEC 89 000$** 15 mois Une fin de semaine par mois (du jeudi au dimanche)
U. de Sherbrook 49 200 $ 18 mois Une journée par semaine, alternativement le vendredi et le samedi
UQAM (UQAR et UQAT) 7 000$* 24 mois Une fin de semaine par mois (du vendredi au dimanche inclusivement)
Université Laval 17 000 $** 22 mois Un samedi de cours toutes les deux semaines

Légendes : * Ajouter les fournitures, etc. / ** (inclus aussi repas, fournitures et voyage)

Quand faire un EMBA ?

Les réflexions faites quant aux réponses des trois premières questions m’ont permis de choisir le EMBA de l’université Laval, qui répondait à un maximum d’exigences personnelles, surtout au niveau du rapport qualité-prix. Il ne me restait plus qu’à déterminer quand faire la formation!

Le EMBA est un programme à temps plein qui se fait en parallèle à un travail. Ce sont deux longues années où il faut tenter de trouver et de garder un équilibre constant entre les contraintes personnelles, professionnelles et les études. Une telle formation nécessite une motivation à toute épreuve, une famille et des amis qui vous soutiennent et bien plus.

Avant de faire ma demande d’admission, j’ai évalué où j’en étais dans ma carrière, dans ma vie personnelle et de l’impact que cela pourrait avoir sur ma structure familiale. En 2014, lorsque j’ai commencé ces recherches, j’ai pris la décision de ne pas faire de demande d’admission et de repousser mon projet, car je n’avais pas l’énergie pour un tel engagement. J’ai donc repoussé mon projet d’un an et en 2015, j’ai enfin fait ma demande d’admission qui fut acceptée.

Rien n’est parfait et comme dans toutes formations, il y a des points négatifs et des points positifs. Pour ma part, ce fut une belle expérience que je relaterai dans un prochain article sur le sujet.

[1] Sigle, de l'anglais : Master of Business Administration

Pour toutes questions : Florent Garnerot \ Services-Conseils GaNéo \ info @ganeo.ca