Et pourquoi pas ?

Lors du cours de leadership du MBA pour cadre de l'université Laval, j'ai assisté une conférence très riche en émotions. Cette conférence avait comme objectif de nous conscientiser à la réalité de l’emploi des personnes handicapées au Québec. Eh oui ! Dans une ville comme Québec, où l'on manque de main-d'oeuvre, certaines personnes, avec des compétences et des diplômes, ne trouvent pas leur place sur le marché de l'emploi. Comment expliquer cela ?

Voici quelques chiffres qui démontrent l'ampleur du phénomène :

  • plus de 25 % des personnes avec une incapacité ont fait des études collégiales et universitaires, et presque 20 % ont un diplôme d’études professionnelles ;

  • plus de 50% des personnes avec incapacité en âge de travailler ne font pas partie de la population active

Ces chiffres sont troublants considérant que le Québec peut montrer en exemple plusieurs modèles de réussite. Citons Chantal Petitclerc, Benoît Huot et Dean Begeron, des médaillés olympiques ayant tous une carrière inspirante. Ces personnes ont démontré qu'avoir un handicap n'était pas un frein à la réussite.

Pourquoi ne pas embaucher des handicapés ?

Je me suis posé la question de ce qui pouvait être la cause de ce phénomène. Cela vient peut-être du manque d’informations et de formation des gestionnaires et des recruteurs. C Certaines interrogations peuvent être biaisées par des préjugés négatifs. Voici certains de ces préjugés : « Ça doit coûter cher en assurance ! » ; « L'assurance collective va surement augmenter pour tous les employés? » ; « Ça doit coûter cher d'adapter l'environnement de travail ! » ; « Sera-t-elle aussi performante que mes autres employés ! » ; « Cela aura sûrement un impact sur mes autres employés (malaise) ! ». Ces questions méritent qu’on s’y attarde un peu.

Premièrement, il existe réellement de nombreux avantages à employer des personnes ayant un handicap. Citons quelques exemples :

  • Ce type d'embauche démontre la responsabilité sociétale de l’entreprise qui pose des actions concrètes contre l’exclusion et la discrimination. Cela démontre ainsi que l'entreprise est équitable.

  • Les personnes ayant un handicap, grâce à leurs expériences de vie, enrichissent l'équipe de travail. Les petits problèmes de la vie quotidienne sont perçus d’un autre angle lorsqu’on les compare à la réalité d’une personne qui vit avec un handicap. Elles deviennent une source d'inspiration pour leur collègue.

  • Les personnes ayant un handicap sont plus engagées, attachées à l'entreprise et font, en moyenne, plus d’efforts, car ils veulent démontrer qu’ils sont aussi compétents et parfaitement capables d’exercer leur emploi.

  • Les personnes ayant une incapacité ont une capacité d’adaptation supérieure à la moyenne.

Deuxièmement, il existe plusieurs programmes gouvernementaux dont les employeurs peuvent profiter afin de faciliter l'embauche et apporter les adaptations nécessaires en fonction des capacités du futur employé (Emplois Québec). Voici deux exemples :

Pour ma part, grâce à cette conférence, j'ai compris que personne n'est à l'abri d'un accident ou d'une malchance. La vie est faite ainsi. Si une telle situation m'arrivait, je n'apprécierais pas être écarté de la vie active à cause d'un handicap. Je n'ai jamais encore eu l’opportunité de rencontrer un candidat avec un handicap, mais aujourd'hui, je suis conscient que je peux faire ce choix. J'invite tous les entrepreneurs à se poser les mêmes questions. Nous sommes capables, ensemble, de mettre un terme à cette discrimination dans le monde du travail.

Je tiens à remercier mes collègues de MBA pour nous avoir conscientisés à cette réalité sociale qui ne devrait pas exister.

Source : Enquête sur la participation et les limitations d’activités de 2006, Statistique Canada.

Pour toutes questions : Florent Garnerot \ Services-Conseils GaNéo \ info @ganeo.ca